Quand vous pensez à Édimbourg, la première image qui vient à l’esprit est souvent l’imposant château qui surplombe la ville depuis son éperon rocheux. Ou les rues à l’architecture médiévale. Ou encore l’incroyable perspective du Royal Mile. Et 11 fois sur 12, vous avez raison. Mais un mois par an, Édimbourg se transforme. Sa voix s’élève, son pouls s’accélère et ses visiteurs affluent.

C’est l’effet Fringe Festival d’Édimbourg.

Fêtant cette année sa soixante-huitième édition, celui que l’on surnomme « le Fringe » est le plus important festival artistique au monde. Attirant aujourd’hui des centaines de milliers de visiteurs pendant trois semaines, on est bien loin des 8 troupes de théâtre qui arrivèrent – sans y avoir été invitées – pour se produire au Festival international d’Édimbourg en 1947.

Le Fringe connaît un immense succès et c’est également le cas de nombre d’artistes dont les carrières ont été lancées dans l’un de ses 299 lieux de représentation. Mais à la vue de son histoire et de ses chiffres vertigineux, la perspective d’assister au Fringe peut être déroutante. Où aller ? Que voir ? Où commencer ?

Heureusement, James Ley (un hôte Airbnb qui vit à Édimbourg et a produit des pièces pour le Fringe par le passé) aide les visiteurs à trouver leur chemin au milieu de la foule, des tentes et des ruelles pavées.


James : Je suis né à Édimbourg, puis j’ai passé quelques années à Londres avant de finalement revenir vivre à Leith, qui se trouve à trois kilomètres du centre-ville.   

Il y a quelque chose d’un peu merveilleux à Édimbourg. C’est une petite ville mais la vie culturelle y est intense à la fois sur le plan de l’histoire, des traditions mais aussi de son patrimoine gastronomique. La ville – au centre mais aussi vers la périphérie – regorge de restaurants, et d’excellents lieux où manger et boire un verre.

Hors saison (de novembre à janvier), tout est beaucoup plus calme et c’est donc la destination idéale pour se détendre le temps d’un week-end, pour prendre son temps et s’amuser à son propre rythme.

Credit : Sutton Hibbert

Puis en août, la ville se transforme. Elle s’anime et chaque recoin devient un lieu de représentation. Août à Édimbourg, c’est une véritable explosion, un vent de folie souffle sur la ville !

Des étals de street food apparaissent partout, et quasiment tous les pubs et bars sont autorisés à servir tard. Au lieu de fermer à minuit ou 1 heure, ils restent ouverts jusqu’à 3 voire 5 heures du matin. Les festivaliers et les locaux peuvent alors vraiment s’imprégner de l’atmosphère.

Mais vous ne profiterez de la vie nocturne qu’après une journée bien remplie, passée à assister à quelques-unes des 50 000 performances que propose le festival.

James : Le Traverse Theatre d’Édimbourg se trouve juste à l’ouest du château, ces deux sites étant des passages obligés pour les visiteurs. Le Traverse accueille de nombreuses troupes célèbres au Royaume-Uni et il est donc parfait pour les amoureux du théâtre. Si vous êtes plutôt amateur de comédie, regardez plutôt du côté de lieux comme le Gilded Balloon, Underbelly et le Pleasance Theatre. Dans ces trois lieux que moins de deux kilomètres séparent, la bonne humeur est toujours au rendez-vous. Vous pourrez également y croiser de nombreux comédiens faisant leurs premiers pas sur scène.

C’est là toute la beauté du Fringe : vous pouvez voir vos artistes préférés aussi bien que ceux qui feront l’actualité de demain. En fait, mon conseil serait de ne pas se limiter aux grosses représentations, aux têtes d’affiche. Profitez-en pour découvrir également les nouveaux talents. Et pour celui qui vient au Fringe pour la première fois, ça consiste à comprendre que les entrées gratuites ne sont pas synonymes de mauvais spectacle. N’oubliez pas que plus de 3 000 représentations sont données et qu’il peut être difficile de faire venir le public, même pour les spectacles plus connus. J’ai passé certains de mes meilleurs moments ici lors d’événements gratuits.

Credit : Sutton Hibbert

Credit : Sutton Hibbert

Et après une telle journée, vous serez probablement partant pour aller boire un verre. Le soir venu, la ville ne manque pas de lieux où se relaxer et discuter des performances du jour.

James: À Édimbourg, le choix de restaurants et de bars est immense.

Pour manger, The Dogs est un excellent choix. On s’y régale avec des plats traditionnels revisités et, pour le centre-ville, ce n’est pas si cher. Je vous conseille aussi le café Mother India. Ils proposent des tapas indiens pour un prix très raisonnable. Et si vous avez une grosse faim, les hamburgers du Cambridge Bar sont incroyables ! Mais l’adresse est connue de tout le monde et il vous faudra probablement réserver.

Pour boire un verre, le Bramble est un bar à cocktails très sympa sur Queen Street, entre Holyrood Park et le Royal Botanic Garden. La sélection de cocktails est intéressante et le personnel vraiment accueillant. Si vous êtes amateur de cocktails, vous pouvez également vous rendre au Bon Vivant, sur Thistle Street. L’équipe vous y propose également des produits frais et locaux dans une carte régulièrement renouvelée.  

Si vous recherchez une adresse un peu plus traditionnelle, il y a toujours le Café Royal. C’est un bar vraiment désuet en centre-ville, pas loin de Princes Street. Il a été construit en 1863 et vous y trouverez donc une véritable ambiance traditionnelle. Il a été dessiné par un architecte local, Robert Paterson, et sa décoration, ses vitraux, en font un cadre spectaculaire pour boire un verre au calme.

Et pour une soirée encore plus tranquille, vous pouvez grimper dans un bus et sortir du centre-ville pour échapper à la foule. Les quartiers en périphérie comme Leith ou Stockbridge sont moins animés que le centre-ville mais vous y trouverez également des pubs et restaurants, et ils constituent une alternative  agréable. Portobello n’est qu’à 20 minutes de bus du centre-ville, sur la côte à l’est d’Édimbourg, et offre un cadre extrêmement paisible. C’est l’endroit idéal pour se détendre après une journée passée à explorer tout ce qu’Édimbourg a à vous offrir.